3312150758_a81c1fd614

   Douzes centres de crise sont en activités à Montréal. Contrairement aux  endroits spécialisés comme l'Accalmie, ils sont ouverts à toute personne atteinte de trouble mental. Parmi eux, il y a le centre de crise l'Appoint, discrètement aménagé dans un secteur résidentiel de l'est de Montréal. 

   Malgré le mot ''crise'', personne ne se frappe la tête sur les murs. ''C''est surtout des gens qui veulent un lieu calme et une oreille attentive '', explique Sylvie Champagne, chef de service de l'Appoint où 500 personnes y défilent chaque année.

   On n'entend pas une mouche voler en ce début d'après-midi. Sur les neuf coquettes chambres avec lit et commode, cinq sont occupées.

   Certains clients sont les abonnés de l'endroit. C'est le cas de M.Touchette. Il est tout excité à l'idée d'aller fêter Noël chez sa fille.

A 31 ans, Alexandre est un autre habitué. En 10 ans, il a posé son baluchon ici une quinzaine de fois. '' J'habite avec une maison d'accueil, mais parfois, j'ai besoin de recharger mes batteries ', souligne le jeune homme atteint de schizophrénie.

   C'est à 16 ans que ce jeune, premier de classe, a commencé a entendre des voix et à avoir des hallucinations.

Ses premiers symptômes ont été suivis d'une hospitalisation de quatre ans. Du jour au lendemain, sa vie sans histoire éclatait en mille morceaux. '' Tout s'est effrondé : mes amis, ma famille, l'argent, le sexe, l'amour, l'amitié, les plaisirs, quoi ! '' lance Alexandre...

   En fin d'après-midi, c'est le changement de quart de travail des employés.

Mélissa, une menue jeune femme d'à peine 20 ans fait irruption dans la cuisine. '' J'ai le goût de parler '' murmure la jolie brunette d'une voix chevrorante avec un air d'animal blessé. Cynthia, une intervenante part discuter avec  elle dans une salle de rencontre.

   Le téléphone ne dérougit pas. '' Seuls les cas les plus lourds se présentent ici '', explique Francine, l'infirmière.

Un bruit sourd venant du deuxième étage... M.Touchette vient de s'écrouler, il a perdu connaissance, victime du mélange de ses médicaments et de quelques bieres avalées en après-midi.

   Mélissa revient à la cuisine. Elle veut téléphoner à son copain. Mauvaise idée, croient les intervenantes puisque la jeune femme est violentée par le conjoint en question.

Un accalmie... soudain, le téléphone retentit encore !

  Et la soirée est encore jeune...

Fricot