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Tous les exclus de la société, les malades mentaux, bien sûr, mais aussi les alcooliques,les enfants illégitimes, les déficients mentaux, les ¨narcomanes¨,tous sont internés à Saint-Jean-de-Dieu et y restent parfois pendant de longues années.

   Les patients sont soumis à un régime sévère, que décrira en détail, 20 ans plus tard, un ex-patient de Saint-Jean-de-Dieu dans un livre qui fera scandale. Les patients de l'asile, écrit Jean-Charles Pagé dans ¨Les fous crient au secours¨, sont mal nourris, ¨habillés en fous¨, gardés derrière des fenêtres à barreaux et traités sans ménagement par des gardiens souvent brutaux.

   Les récalcitrants sont enfermés pendant des mois dans des cellules, ou le ¨dénuement est absolu et l'isolation, complète¨, emprisonnés dans des camisoles de force, ou relégués aux ¨salles d'en arrière¨, qui rassemblent les cas lourds, auxquels un régime militaire est imposé. Chacune de ces salle a ses reliques, écrit Pagé, ¨ces malades qui semblent habiter l'hôpital depuis toujours¨.

   Car ces malades sont, bien souvent, abandonnés par leur famille. On sait sans se l'avouer, qu'en allant reconduire l'un des siens à Gamelin, on a pris le meilleur moyen de le faire oublier et  que dorénavant, il sera un matricule de plus dans les registres de ce gigantesque empire des fous¨, écrit Pagé...

Fricot