Salut à tous,

De son auteure Hélène Tremblay, de Saguenay : Ma vie, un peu comme un marathon !   

17620355_10155212061331289_1733884709210486010_o

    ¨ J’apprécie la « facilité » avec laquelle on peut aller encore un peu partout, aujourd’hui. Mais je nous sens proches du moment où certaines choses ne seront plus possibles.

   Par exemple, en novembre, je suis allée au CHUL pour un rendez-vous en ophtalmologie avez Sophie. Après avoir traversé le Parc, de quoi a-t-on envie? Vous savez. J’arrive donc à l’hôpital avec Sophie, je trouve une salle de bain et j’y entre avec elle. Déjà, il y a un niveau de difficulté à entrer là-dedans avec une poussette adaptée. J’ai de la difficulté à refermer la porte derrière moi tellement on est serrées. Je regarde autour de moi : il y a la toilette, un lavabo et une table à langer. Je ne peux presque pas bouger tellement il y a peu d’espace pour moi et Sophie ensemble. J’envisage la table à langer. Je pourrais coucher Sophie dessus, mais elle est bien plus grande qu’un bébé. Où je mets le sac à couche? Comment je fais pour la sortir de sa poussette adaptée, lui enlever son manteau d’hiver, ses bottes, ses orthèses et tout le kit? Et puis, si jamais j’arrive à faire tout ça sans mettre un de ces objets au sol, comment je fais pour la mettre sur la toilette? Bref, je l’ai regardé et je lui ai dit que j’étais désolée, mais qu’elle allait devoir faire pipi dans sa couche. Nous qui faisons tant d’efforts pour la mettre propre… Et elle en est bien capable! Toutes les fois qu’on la met sur la toilette, elle fait ses besoins. Mais, après notre rendez-vous là-bas, il fallait tout de même que je change sa couche avant de repartir au Saguenay. J’ai donc demandé à une infirmière où je pourrais m’installer. Elle m’a trouvé une salle de consultation libre avec une civière. J’ai donc pu la coucher sur la civière et avoir assez d’espace pour faire le changement de couche.

2016 Sophie (2 ans et demi) (12)

   Un autre exemple : cette semaine, je suis allée chercher Michael à son école et j’ai porté Sophie dans mes bras pour le faire. Je peux encore la transporter de cette façon sur une courte distance. C’est correct. Je devais monter plusieurs marches. En arrivant devant le bureau de la responsable du service de garde, je demande s’ils ont des ascenseurs (je m’informe parce que ce serait plus facilitant pour moi et mon dos de mettre Sophie dans sa poussette). Ils n’en ont pas. Michael ira à cette école encore pendant les 6 prochaines années. On fera quoi si on a besoin d’amener Sophie avec nous lors d’une rencontre de parents? D’un spectacle? Bon, on est débrouillards et on trouvera probablement une façon; mais on s’entend que ça ne sera pas nécessairement facile.

   Un dernier. Cette semaine encore, j’avais rendez-vous chez l’orthoptique avec Sophie (c’est le spécialiste qui suit le strabisme – ou, pour un langage encore plus familier, les yeux qui « louchent »). Je fais tout l’hôpital de Chicoutimi pour me rendre au département en question. Arrivée là-bas, je trouve que ce serait une bonne idée d’aller aux toilettes. Cette fois-ci, la toilette est un peu plus spacieuse, mais aucune table à langer. On est juste à l’heure pour le rendez-vous. Ou bien je cherche une autre toilette dans un autre département ou bien je laisse tomber. Finalement, j’ai décidé d’abandonner le projet pour Sophie… Elle a dû, une autre fois, faire dans sa couche parce que même les lieux qui seraient supposés être les plus adaptés pour elle, c’est-à-dire les hôpitaux, ne le sont pas.

http://lephenix.ca/archives-handicaps-ca/parents-dun-enfant-en-situation-de-handicap/deficience-motrice-cerebrale/

Pégé