Salut à tous,  

Grandine-Dernier-Contact

Du site alexdrobo.com : Tu as oublié d’où tu viens Grandine. Tu viens des étoiles. Toutes les particules qui te composent pour devenir toi, mon extraordinaire grand-mère, ont été créées il y a un peu plus de 13 milliards d’années, en même temps que tout notre univers.  

   ¨ Je t’aime.

  Ce sont les seuls mots qui pouvaient démarrer cette lettre.

  Je te les ai déniés presque toute ma vie et de ma part, je sais que tu prends la pleine mesure de leur valeur.

  Au moment où tu liras cette lettre, je serai rentré à Paris. Nous nous serons peut-être déjà dit adieu sans le savoir. Tu m’auras souhaité du courage et je t’aurais embrassé sobrement sur la joue.

 Je suis très heureux d’avoir passé ces jours avec toi, mon extraordinaire grand-mère, et encore plus heureux que tu passes tes derniers moments dans notre appartement, entourée de ton frère, de ton fils, de ta fille et de tous tes petits-enfants.

  Je sais qu’il y a eu de beaux moments mais quelle peine cela a dû être de nous élever. Je me souviens des fois où tu refermais la porte de ta chambre pour sangloter. Tu as dû souvent t’interroger sur la vie que tu aurais pu avoir si tu avais simplement ignoré notre existence et cela n’aurait été qu’un drame ordinaire de plus comme il s’en passe chaque  jour en France. Mais tu as pris une décision liberticide qui a bouleversé ta vie pour offrir leurs chances à deux petits garçons innocents. Tu ne nous as jamais fait payer cette souffrance ou fait ressentir de la culpabilité. Merci.

  J’étais un enfant marginal et même s’il n’y avait aucun mode d’emploi approprié pour moi, tu as su être l’âme qui me comprend le mieux. Tu es la seule personne avec qui je peux partager de longs silences, que je préfère largement à des échanges creux. J’aime que nous ne nous sentions  jamais obligés de meubler des conversations par des propos sans intérêt. Merci.

  Tu m’as toujours laissé être moi-même. Tu m’as laissé être le seul garçon déguisé en fille pour le carnaval de l’école, laissé écrire des heures sur ma bruyante machine à écrire qui dérangeait tout le monde, laissé te conter les histoires que j’écrivais à la récréation, laissé mettre en scène des spectacles interminables que tu regardais jusqu’au bout, laissé planifier les évènements des jours, semaines et mois à venir parce que cela me rassurait, laissé m’isoler des heures durant loin de tous lorsque j’avais besoin de pleurer. Tu m’as donné tout l’espace et la compréhension nécessaires pour que mon étrange conscience  puisse ployer librement. Merci.

  Je serai toujours cassé pour le reste de ma vie mais je pense que grandir à tes côtés était ma meilleure chance pour devenir un homme entier. Ma sensibilité, mon homosexualité, mon autisme, mon chagrin, mes  aspérités, tu m’as accepté tel que j’étais mais tu m’as aussi confronté  à la violente réalité que personne ne s’adapterait à ma façon d’être Le monde ne me ferait aucun cadeau et c’était à moi d’y trouver une place. Tu savais verser l’exacte quantité de douceur et de dureté nécessaire à mon être. Tu m’as donné mes premières armes pour affronter la vie et je t’en serai toujours reconnaissant. Merci.¨...   ( Voir le texte au complet )

http://alexdobro.com/ma-derniere-lettre-pour-ma-grand-mere-grandine/

Pégé