Salut à tous,   hv_Ni760285

Du site La Presse+ : Depuis le mois d’août, je mène un combat  qui attend dans le détour tous  les petits dépressifs ordinaires : celui où, au fin fond d’une vallée obscure creusée en nous-mêmes, il nous faut affronter  la mère de toutes les dépressions.

   ¨  C’est un orage qui se préparait depuis longtemps  et il faut remonter parfois très loin pour en comprendre la formation, mais quelques semaines après la rentrée,  cet automne les jambes m’ont lâché. Et j’ai visité l’enfer. 

   Ceux et celles qui sont passés par là connaissent   la routine. J’ai oublié comment dormir et pratiquement arrêté de manger, j’ai perdu presque 50 livres en six semaines, j’ai été submergé plusieurs fois par jour par des crises de panique débilitantes et dévoré en permanence par l’anxiété. J’ai appris à me composer un visage le temps d’aller porter les enfants à l’école et à réserver mes sanglots, jusqu’au retour, pour le plancher du vestibule. 

   Depuis la chute, je boite et je retombe souvent. Je vis avec l’impression d’avoir le cerveau foulé. Mon docteur m’a mis en arrêt de travail et sur les antidépresseurs et, de  là, j’ai pu commencer à lentement me relever. Depuis  la chute, cependant, je boite et je retombe souvent.  Je suis incapable de me concentrer très longtemps pour  lire ou regarder un film au complet, j’ai beaucoup de mal à prendre des  décisions et je suis souvent désorienté :  je me perds en ville même en  suivant Google Maps. Si j’arrive parfois à écrire, c’est toujours au compte-gouttes. Le moral va et vient. Les crises de panique s’espacent mais elles réapparaissent toujours, souvent plus terrifiantes  du fait de s’être fait oublier pour un petit boutte.

Stigmates !  

  La seule chose qui me calme, à part de courir dehors comme un perdu et de plier des brassées de lavage en m’explosant les tympans avec les War on Drugs, ce sont les gens. J’ai découvert, au fil de ma maladie, l’immense humanité des gens qui m’entourent. Des connaissances sont devenues de grands amis, des gens dont je ne connaissais que le professionnalisme m’ont révélé  leur visage compassionné et j’ai appris que les enfants pouvaient nous donner autant d’affection qu’ils  en prennent.

J’ai découvert aussi, malheureusement, comment les stigmates reliés à la maladie mentale persistaient, en dépit des campagnes  de sensibilisation, au sein des institutions  et chez certains individus.

Les gestes qui me sont reprochés, d’une incroyable stupidité, participent de ce que ma psy a appelé un « besoin quasi pathologique de validation ». Pour ouvrir une parenthèse d’auto-analyse et la refermer aussitôt, disons que j’ai beaucoup de mal, dans la vie, à m’aimer moi-même, tout seul, et que sans des gens pour me dire que je suis beau pis fin, je dépéris. On ne peut s’attendre  à ce que quelqu’un comme moi guérisse de quoi que  ce soit en restant tout seul chez lui en bobettes avec  les doigts enfoncés dans les narines, comme on ne peut s’attendre à ce que quelqu’un dont la maladie consiste  à un débalancement chimique du cerveau prenne constamment des décisions éclairées. 

Des mois gaspillés !

Les gestes qui me sont reprochés, d’une incroyable stupidité, participent de ce que ma psy a appelé un « besoin quasi pathologique de validation ». Pour ouvrir une parenthèse d’auto-analyse et la refermer aussitôt, disons que j’ai beaucoup de mal, dans la vie, à m’aimer moi-même, tout seul, et que sans des gens pour me dire que je suis beau pis fin, je dépéris. On ne peut s’attendre  à ce que quelqu’un comme moi guérisse de quoi que  ce soit en restant tout seul chez lui en bobettes avec  les doigts enfoncés dans les narines, comme on ne peut s’attendre à ce que quelqu’un dont la maladie consiste  à un débalancement chimique du cerveau prenne constamment des décisions éclairées¨...  ( Voir l`article au complet )

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Pégé