Salut à tous,

Du site Slate.fr : Pour le père de notre blogueur Laurent Sagalovitsch, la maison de retraite, c'est le retour à la maternelle.

maison-de-retraite¨  Mon père est le plus heureux des hommes. Depuis quelques mois déjà, il a pris ses quartiers dans une maison de retraite toute proche de Paris. Mon père n'est plus de la première jeunesse. L'année prochaine, on fêtera son quatre-vingtième anniversaire. Il est veuf. Ces dernières années, il a essayé tant bien que mal de vivre seul, d'affronter le quotidien sans l'aide de personne, mais avec le temps, la fatigue, la maladie, il n'a plus été en mesure de s'occuper de lui-même. La solitude lui pesait. Le fait de vivre sans personne avec qui partager son existence, de rester toute la journée cloîtré entre quatre murs, de mener une vie sociale réduite à sa plus simple expression, l'accablait de trop.

   Il était arrivé à un stade où vivre ne l'intéressait plus vraiment. Son corps a commencé à le trahir, il a effectué un long séjour à l'hôpital et quand il a fini par se rétablir, il a été décidé, avec son plein accord, qu'il ne retournerait plus à son appartement et s'installerait en maison de retraite. Le prix demandé était plus que considérable, astronomique même, surtout en regard de sa confortable mais finalement modeste pension, si bien que c'est mon frère, heureusement cent fois plus fortuné que moi, qui a dû s'engager à verser chaque mois la somme manquante.

  Sans son recours, mon père n'aurait eu d'autre choix que de réintégrer à regret son appartement ou de s'exiler dans un établissement quelque part en France, loin, loin de tout, peuplé de vieillards arrivés au bout du bout, en un endroit si reculé que personne ne lui aurait jamais rendu visite, si ce n'est le fossoyeur en chef du cimetière municipal. Aujourd'hui, mon père semble aller très bien et à dire vrai, on ne voit pas pourquoi il en serait autrement.

La belle vie !

Il a une chambre individuelle qui, si elle n'a rien d'autre à proposer hormis une salle de bains, un lit et une table de chevet, n'en demeure pas moins un endroit agréable et fonctionnel, parfaitement adapté aux besoins finalement limités d'une personne âgée. Tous les matins, un membre du personnel lui apporte son petit-déjeuner. À midi et le soir, il prend ses repas dans le «restaurant» de l'établissement avec les autres pensionnaires, où selon ses dires et le détail des menus que j'ai pu consulter lors de mes trop rares visites, la variété et la recherche de plats élaborés sont convoquées.

Tranquilité

Mon père, par certains aspects, est redevenu un petit enfant qui n'a plus à s'occuper de rien si ce n'est de se distraire du soir au matin. De se perdre dans la tranquille routine d'une existence où, débarrassé de tout souci d'ordre matériel, il peut appréhender la fin de sa vie dans une relative sérénité¨...

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http://www.slate.fr/story/126896/maison-de-retraite-retour-maternelle

Pégé