galerie_membre_arbre_bonsai_eau_arbre  Nous sommes le 17 juillet, 1997, une moite soirée estivale. L'humoriste Michel Courtemanche est complètement déprimé. Dans quelques heures, il grimpera sur une scène au Vieux-Port de Montréal. Il n'a pas pris la puissante dose de médicaments dont il a ordinairement besoin pour lui permettre de fonctionner, avec toute la cocaïne qu'il s'envoie dans le nez. Pas le goût. Au début de la soirée, il a fait un saut au théatre St-Denis pour y présenter un numéro. La catastrophe. personne n'a ri. L'humoriste s'en moque éperdument.

Il poursuit sa route, traînant sa carcasse amochée par des semaines de ''party'' jusque sur la scène du Vieux-Port.

  Il n'a pas envie d'y monter. Il tremble. Il pense à ses calmants. Il refuse de les avaler. Ce soir, c'est décidé, tout ira mal !

Le spectacle débute. La foule applaudit l'humoriste. Une quarantaine de minutes plus tard, il trouve ses numéros ennuyants à mourir. Son corps est fatigué. Son cerveau aussi. Il s'emmerde. Il bloque...<<Le spectacle est fini, je suis ''gelé''.Faites vous rembourser>> lance-t-il tout bonnement. La foule proteste. Il reprend, quelques secondes, mais bloque à nouveau. Il quitte la scène...

   Après cette crise de panique, une longue introspection s'amorce. La traversée du désert sera très longue pour ce polytoxicomane diagnostiqué bipolaire depuis maintenant quatre ans.

Son père, taxicomane, était lui-même atteint de trouble bipolaire. A 30 ans, Michel Courtemanche est millionnaire, possède une maison luxueuse, deux BMW. La grosse vie...

   Mais la maladie n'est pas loin. Il le sait, il le sent. Quelque chose cloche. Il a tout ce dont on peut rêver, mais il n'est pas heureux !

Il commence a consommer... pendant trois ans... et il perd tout. Vraiment tout ! Au menu: un ''coktail'' d'alcool, de cocaïne, de médicaments, d'ecstasy et de ''speed''... Sa vie devient une succession de ''up and down''. Les montagnes russes à plein temps !

  Après cet étourdissant manège, il réalise qu'il n'est plus capable d'arrêter. En fait, il est devenu comme son père !

Un jour, un de ses proches réussit à le convaincre de faire quelque chose ! Il le suit dans une clinique de désintoxication. On veut le garder immédiatement. Il refuse. '' La semaine prochaine ou jamais '' leur dit-t-il. Et pendant une semaine, il fait le gros ''party'', des adieux à ses ''chums de brosse'', ses''dealers'' et même ''sniffé' sept grammes de coke la veille de son départ...C'est la dernière fois qu'il prend de la drogue.

  Depuis, il s'est refait une vie toute neuve, faite sur mesure, dans la peau, cette fois, d'un réalisateur en télévision. Il doit continuer a prendre ses médicaments mais il est heureux de ce qu'il est devenu maintenant.

Pour ce qui est d'avoir un enfant en chair et en os, Michel Courtemanche est catégorique. Il n'en veut pas. '' Il aurait beaucoup trop de chances de devenir au monde bipolaire !

  Et c'est tellement souffrant...

Fricot