Salut à tous,  tunnel-of-love-940x548

   Voici un très beau et intéressant témoignage des problèmes que doit vivre Phylip St-Jacques avec son autisme, depuis son tout jeune âge...

Du site Le Huffington Post :

   ¨J'ai su très tôt que j'étais différent des autres élèves de ma classe. Cette différence, qui ne m'a jamais été proprement expliquée, m'a créé d'énormes complexes au cours de ma vie. Lors du passage en milieu scolaire, les autistes de type Asperger et de haut niveau prennent conscience de leur différence. Pour plusieurs, c'est un moment douloureux. Pour cette raison, beaucoup souffrent de dépression et d'anxiété.

   Ce qui fait le plus souffrir n'est pas la différence en soi, mais la réception de celle-ci et sa perception. Le seul fait qu'on parle de nous comme étant «différents» est désorientant. Différents de quoi? Y a-t-il une normalité établie en société? Pourquoi serait-ce nous qui serions différents? Que veut dire la différence, concrètement ?

 Cheminement ! 

   La conscience de ma différence m'a grandement affecté. L'école n'allait pas au rythme qui m'était approprié pour que je me sente bien. Je ne comprenais pas toujours très bien les consignes et plusieurs professeurs me punissaient sous prétexte que je les narguais volontairement. J'ai toujours senti que j'étais le problème. J'ai même questionné des personnes à savoir si je n'avais pas une certaine déficience intellectuelle, puisque je me sentais horriblement idiot de ne pas être en mesure de comprendre aussi bien que les autres élèves.

   À 7 ans, j'ai fait un choix en me rendant à l'école: j'ai décidé de mourir. Je n'avais pas vécu beaucoup d'années, mais je n'avais pas envie de continuer à vivre. J'avais peur de l'avenir et je ne voyais pas la possibilité que ma vie s'améliore. 7 ans, c'est un peu jeune pour décider de mourir. C'est tôt pour être fatigué d'exister. Je me détestais déjà assez pour ne percevoir aucune valeur en moi.

   À l'école, plus je vieillissais, pire était mon quotidien. Les récréations furent difficiles, car je n'avais ni amis ni occupations durant ces trop longues pauses. Je craignais les cloches, j'appréhendais de me mettre en rang, j'avais des craintes face à tous les éléments de la situation.

Et maintenant !

   Depuis près d'un an, je procède au même système que les Alcooliques Anonymes en me créant des jetons de sobriété. Pour moi, la notion de sobriété s'applique à être sobre de pensées noires, à me déculpabiliser de mes difficultés. Je n'ai pas encore réussi à passer le cap du mois, mais j'y travaille très dur.

   Depuis mon expérience au cégep, je me sens fragile. Je suis fatigué beaucoup plus rapidement, je vis des moments difficiles qui se multiplient et qui font que j'ai perdu mon énergie et mes mécanismes de défense. Je travaille fort sur ma réadaptation et à reprendre le contrôle de ma vie. Je veux vivre, mais je ne sais pas comment ni pourquoi¨...  ( Lire au complet ) 

http://quebec.huffingtonpost.ca/phylip-st-jacques/le-monstre_b_4869105.html?utm_hp_ref=tw

Pégé