Salut à tous,  

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Du site L`Actualité : Le livre de Crawford est assez désolant sur le plan des solutions : elles sont essentiellement individuelles. C’est un début.

   ¨ De l’autre bout de la pièce, j’entends le téléphone vibrer. Un petit coup pour un message Facebook. Un double coup pour un texto. Un plus long pour un courriel.

   Toutes les cinq minutes, mon attention dérive vers la tentation de me lever et de saisir l’appareil. La distraction paraît savoureuse. Aucun doute, ce que recèle ce gadget à 1 000 dollars qui asservit mon attention est l’équivalent cognitif de la malbouffe. J’en ai envie comme d’une poutine, même si je sais que le brocoli que je lis en ce moment est nutritif, lui.

   Le légume crucifère se présente sous la forme d’un essai de Matthew B. Crawford, intitulé Contact: Pourquoi nous avons perdu le monde et comment le retrouver. C’est justement sur la crise de l’attention. Sur la difficulté croissante, dans tout ce bruit médiatique, de trouver des plages de silence pour réfléchir.

   Nous n’avons pas perdu le monde, remarquez; il nous suit partout. Il est là, tout le temps, jusque dans ce petit restaurant corse de Québec où l’immense écran diffuse du soccer, ce qui attire mon regard tandis que je soupe en terrasse avec ma blonde. Le monde est partout, tout le temps. Jusque sur les écrans des aéroports, dans de nombreux taxis, dans les salles d’attente des cliniques de santé. L’étrangeté, c’est désormais de voir quelqu’un le nez plongé dans un livre.

   Mon téléphone m’accompagne jusqu’aux toilettes. Au moindre flottement dans la file d’attente, je dégaine pour consulter l’oracle numérique. Craw­ford a raison, finalement. Le monde nous suit peut-être partout, mais à travers l’écran. Le vrai, le tangible, nous ne le voyons plus. Il transite par des fenêtres à cristaux liquides. Et non, c’est pas pareil.
   L’ennui, c’est que critiquer cet état des lieux revient à sombrer dans la nostalgie. Même chez Crawford, qui s’en défend. Son ouvrage est toutefois fascinant. Depuis les Lumières, il y fait la genèse de la pensée individualiste nous ayant menés à l’illusion du choix, qui nous place désormais à la merci des stimulus d’une industrie de l’attention qui dispose de moyens colossaux. Il y parle de la perception, de l’apprentissage dans le geste, dans l’action. De ce qui ancre le savoir en nous.

   Or, si j’ai l’impression de toujours lire et apprendre sur mes écrans, j’ai aussi le sentiment de ne rien retenir. Toute cette information me glisse dessus, et les seules choses qui me restent ont été acquises lors d’un effort de concentration¨...   ( Voir l`article au complet )

http://www.lactualite.com/societe/la-crise-de-lattention/

Pégé